L'interdiction volontaire de jeux : comment la demander

L’interdiction volontaire de jeux est la mesure la plus forte qu’un joueur puisse prendre pour se protéger en France. C’est une démarche personnelle et confidentielle : on demande soi-même à être interdit de jeu, et l’interdiction s’applique ensuite partout, sans possibilité de revenir en arrière pendant trois ans.
Ce qu’elle interdit
L’interdiction volontaire de jeux, gérée par l’Autorité nationale des jeux (ANJ), vous empêche :
- d’entrer dans un casino ou un club de jeux en France ;
- d’ouvrir un compte ou de jouer sur un site de jeux en ligne agréé par l’ANJ, pour les paris sportifs, les paris hippiques et le poker ;
- de jouer aux jeux de la Française des jeux et du PMU avec un compte joueur.
Les opérateurs agréés consultent le fichier des interdits de jeux. Si vous avez déjà des comptes ouverts, ils sont clôturés.
Ce qu’elle ne couvre pas
Elle n’empêche pas d’acheter un ticket à gratter ou de parier au comptoir d’un bureau de tabac sans compte joueur. Et elle ne s’applique pas aux sites de jeux illégaux, comme les casinos en ligne installés à l’étranger, qui ne consultent pas le fichier. Pour ces derniers, un logiciel de blocage reste nécessaire : voir notre article sur le blocage des casinos en ligne.
La démarche
La demande se fait en ligne, sur le service d’interdiction de jeux de l’ANJ. Il suffit d’une copie lisible d’une pièce d’identité en cours de validité. Un formulaire papier existe aussi pour ceux qui préfèrent le courrier.
La démarche est gratuite. Elle est confidentielle : ni votre famille ni votre employeur n’en sont informés.
En 2026, l’ANJ a modernisé ce service. Les personnes inscrites peuvent créer un compte personnel pour suivre leur interdiction, consulter leurs documents et, le moment venu, demander sa levée.
La durée
L’interdiction est prononcée pour trois ans au minimum. Pendant ces trois ans, elle ne peut pas être levée, même à votre demande. C’est justement ce qui la rend efficace : elle protège contre les moments de rechute, quand l’envie de rejouer paraît irrésistible.
Au-delà de trois ans, l’interdiction se poursuit tant que vous n’en demandez pas la levée. Vous pouvez la demander à tout moment après ce délai.
Avant et après la demande
L’interdiction est une barrière, pas un traitement. Elle marche mieux accompagnée d’un suivi : les écoutants de Joueurs Info Service, au 09 74 75 13 13, peuvent vous aider à préparer la démarche et à tenir ensuite, et les centres de soins en addictologie proposent des consultations gratuites. Les coordonnées sont dans notre article sur les services d’aide.
Si vous avez accumulé des dettes, traitez-les en parallèle : notre article sur les dettes de jeu et le surendettement présente les solutions.
En Belgique, une mesure comparable existe : l’inscription sur la liste d’exclusion EPIS de la Commission des jeux de hasard. Elle est présentée dans notre article sur les services d’aide.


