Casino en ligne : comment les bloquer ?

Quand on veut arrêter de jouer, la tentation est à un clic, à toute heure, sur le téléphone. Bloquer l’accès aux sites de jeux ne règle pas une addiction à lui seul, mais il crée une barrière entre l’envie et le passage à l’acte. Plusieurs outils existent, et ils se complètent.
D’abord, un point de droit
En France, les casinos en ligne sont illégaux. Machines à sous, roulette et blackjack en ligne ne peuvent être proposés par aucun opérateur agréé. L’Autorité nationale des jeux (ANJ) n’accorde d’agrément en ligne que pour trois activités : les paris sportifs, les paris hippiques et le poker. Les loteries en ligne relèvent de la Française des jeux.
Les casinos en ligne accessibles depuis la France opèrent donc depuis l’étranger, sans licence française. L’ANJ fait bloquer une partie de ces sites par les fournisseurs d’accès, mais de nouveaux domaines apparaissent sans cesse. Ces sites n’offrent aucune des protections imposées aux opérateurs agréés : limites de mise, auto-exclusion, contrôle de l’âge. C’est une raison de plus pour s’en protéger soi-même.
Les logiciels de blocage
Installés sur l’ordinateur et le téléphone, ils bloquent l’accès à des dizaines de milliers de sites et d’applications de jeux d’argent, légaux comme illégaux.
BetBlocker est gratuit et anonyme. Il s’installe en quelques minutes sur ordinateur et sur mobile. On choisit une durée de blocage, pendant laquelle il ne peut pas être désactivé.
Gamban est payant, autour de 30 euros par an ou 3 euros par mois. Il couvre tous les appareils d’un même compte et met régulièrement à jour sa liste de sites.
L’intérêt de ces outils tient à leur caractère contraignant : on ne peut pas les désinstaller sur un coup de tête. Installez-les sur tous vos appareils, y compris la tablette et l’ordinateur du travail si vous y jouiez.
L’interdiction volontaire de jeux
C’est la mesure la plus forte. Demandée auprès de l’ANJ, elle interdit pendant au moins trois ans l’accès aux casinos et clubs de jeux en France, aux sites de jeux agréés et aux jeux de la FDJ et du PMU avec un compte joueur. Elle ne peut pas être levée avant ce délai. La démarche est expliquée dans notre article sur l’interdiction volontaire de jeux.
Elle ne couvre pas les sites illégaux, qui ne consultent pas le fichier des interdits : d’où l’intérêt de la combiner avec un logiciel de blocage.
Le blocage par la banque
Plusieurs banques et néobanques permettent, depuis leur application, de bloquer les paiements vers les sites de jeux d’argent, ou de fixer un plafond de dépenses sur la carte. Renseignez-vous auprès de votre conseiller : certaines proposent un blocage qui ne peut pas être levé immédiatement, ce qui évite de le désactiver dans un moment de tentation.
Réduire le plafond de sa carte, supprimer les cartes enregistrées sur les sites et confier la gestion d’une partie de son argent à un proche de confiance sont d’autres barrières utiles.
Bloquer ne suffit pas
Ces outils achètent du temps. Ils sont plus efficaces quand ils accompagnent une aide : un appel à Joueurs Info Service, au 09 74 75 13 13, gratuit et anonyme, de 8 h à 2 h, sept jours sur sept, ou une consultation dans un centre spécialisé. Notre article sur les services d’aide donne les coordonnées en France, en Belgique et en Suisse. Et pour mesurer où vous en êtes, le questionnaire présenté dans reconnaître une addiction au jeu prend cinq minutes.


