Enfants et jeux vidéo : repères, contrôle parental et signes d'alerte

La grande majorité des enfants et des adolescents jouent aux jeux vidéo sans difficulté, et le jeu leur apporte du plaisir, des liens avec les copains, parfois des compétences. Pour une minorité, il prend toute la place. L’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs inscrit le « trouble du jeu vidéo » dans sa classification des maladies. Le rôle des parents n’est pas d’interdire, mais de poser un cadre et de rester attentifs.
Les âges PEGI
Sur chaque boîte et chaque fiche de jeu en ligne figure un logo PEGI, le système de classification européen. Il indique l’âge minimal conseillé : 3, 7, 12, 16 ou 18 ans. Des pictogrammes précisent le contenu : violence, langage grossier, peur, jeux de hasard, achats intégrés.
Ce classement porte sur le contenu, pas sur la difficulté du jeu. Un jeu PEGI 18 n’est pas adapté à un enfant de dix ans, même si ses copains y jouent. Le pictogramme « jeux de hasard » signale un jeu qui simule ou encourage les jeux d’argent.
Le contrôle parental, activé par défaut
Depuis le 13 juillet 2024, en application de la loi du 2 mars 2022 dite loi Studer, tous les appareils connectés vendus en France, smartphones, tablettes, ordinateurs et consoles, doivent proposer gratuitement un contrôle parental dès leur première mise en service.
Il permet de limiter le temps de jeu, de bloquer les jeux au-delà d’un âge PEGI, d’empêcher les achats sans autorisation et de filtrer les contenus. Le site officiel jeprotegemonenfant.gouv.fr explique pas à pas comment le paramétrer sur chaque type d’appareil.
Le contrôle parental ne remplace pas le dialogue : un adolescent motivé trouve souvent comment le contourner. Il fonctionne mieux quand les règles ont été discutées ensemble.
Les achats dans les jeux
Beaucoup de jeux gratuits se financent par des achats intégrés : monnaie virtuelle, personnages, objets. Certains proposent des coffres à butin, dont le contenu est tiré au hasard, sur un mécanisme proche des jeux d’argent. Bloquez les achats sans code sur les comptes des enfants, fixez un budget s’il en a un, et expliquez-lui comment ces mécanismes fonctionnent.
Rappelons que les jeux d’argent eux-mêmes, paris sportifs, poker, loteries, sont interdits aux mineurs en France, en ligne comme en point de vente.
Les signes d’alerte
Le temps de jeu seul ne suffit pas à définir un problème. Ce qui doit alerter, c’est la perte de contrôle et les conséquences :
- des résultats scolaires qui chutent ;
- un sommeil décalé ou raccourci pour jouer la nuit ;
- l’abandon d’activités ou d’amis d’avant ;
- de l’irritabilité, voire de la colère, quand il faut arrêter ;
- des mensonges sur le temps de jeu ou des achats non autorisés.
Si ces signes s’installent pendant plusieurs mois, parlez-en avec votre enfant, puis avec un professionnel. Les consultations jeunes consommateurs, gratuites et confidentielles, reçoivent les adolescents et leurs parents pour toutes les addictions, y compris aux écrans. Joueurs Info Service, au 09 74 75 13 13, répond aussi sur le jeu vidéo.
Pour les signes d’une addiction aux jeux d’argent, voir notre article sur la façon de reconnaître une addiction au jeu, et pour les contacts, les services d’aide.
Photo : Morgan Garnet, Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0, recadrée.


